—Allons, petite sœur, dit-il, vous voyez que tout le monde est à son poste; je crois qu'il est temps que vous descendiez au vôtre.
—Oh! mon Dieu! s'écria la jeune fille, ce combat est donc inévitable?
—Dans un quart d'heure, dit Jacques, la conversation va commencer, et comme, selon toute probabilité, elle ne manquera pas de chaleur, il est nécessaire que ceux qui ne doivent pas s'en mêler se retirent.
—Sara, dit Georges, n'oubliez pas ce que vous m'avez promis.
—Oui, oui, dit la jeune fille, oui, me voilà prête à obéir. Vous voyez, Georges, je suis raisonnable. Mais vous de votre côté....
—Sara vous ne me demanderez pas, je l'espère, de rester spectateur de ce qui va se passer, quand c'est pour moi seul que tant de braves gens exposent leur existence?
—Oh! non, dit Sara; non, je vous demande seulement de penser à moi, et de vous rappeler que, vous mort, je serai morte.
Puis elle offrit la main à Jacques, tendit son front à Pierre Munier, et, conduite par Georges, descendit par l'escalier de l'arrière.
Un quart d'heure après, Georges remonta; il tenait à la main un sabre d'abordage et avait une paire de pistolets à sa ceinture.
Pierre Munier était armé de sa carabine damasquinée, vieille amie qui lui avait toujours rendu de fidèles services.