Jacques était à son banc de quart, tenant à la main son porte-voix, signe du commandement, et ayant à ses pieds un sabre d'abordage et un petit casque de fer.
Les deux navires faisaient la même route, la frégate serrant toujours la corvette, et déjà si rapprochée, que les matelots, disposés dans les hunes, pouvaient voir ce qui se passait sur le pont l'un de l'autre.
—Maître Tête-de-Fer, dit Jacques, vous avez bons yeux et bon jugement; faites-moi le plaisir de monter dans la hune d'artimon et de me dire ce qui se passe là-bas.
Le second s'élança aussitôt comme un simple gabier, et en un instant fut au poste désigné.
—Eh bien? dit le capitaine.
—Eh bien, capitaine, chacun est à son poste de combat, les canonniers aux batteries, les soldats de marine sur les passavants et le gaillard d'arrière, et le capitaine sur son banc de quart.
—Y a-t-il à bord d'autres troupes que des matelots et des soldats de marine?
—Je ne crois pas, capitaine, à moins, cependant, qu'ils ne soient cachés dans la batterie, car je vois partout le même uniforme.
—Bien! En ce cas, la partie est presque égale, à quinze ou vingt hommes près. Voilà tout ce que je voulais savoir. Descendez, maître Tête-de-Fer.
—Un instant! un instant! Voilà l'Anglais qui embouche son porte-voix. Si nous nous taisions bien, nous entendrions ce qu'il va dire.