SURREY.--Cela ne vous sauvera pas.... Ah! grâce à ma mémoire, je me rappelle encore quelques-uns des articles et ils seront produits. Maintenant si vous êtes capable de rougir et de vous dire coupable, cardinal, vous nous montrerez du moins quelque reste d'honnêteté.
WOLSEY.--Dites, monsieur: j'ose braver toutes vos imputations. Si je rougis, c'est de voir un noble choquer toutes les bienséances.
SURREY.--Il vaut mieux manquer de politesse et conserver sa tête.--Répondez à cette attaque. D'abord sans le consentement et à l'insu du roi, vous êtes parvenu à vous faire nommer légat, et vous avez abusé de ce pouvoir, pour mutiler la juridiction de tous les évêques.
NORFOLK.--Ensuite, dans toutes les lettres que vous avez écrites à Rome et aux princes étrangers, vous employez toujours cette formule: ego et rex meus, en sorte que vous représentiez le roi comme votre serviteur.
SUFFOLK.--Ensuite, à l'insu du roi et du conseil, lorsque vous êtes allé en qualité d'ambassadeur vers l'empereur, vous avez eu l'audace de porter en Flandre le grand sceau.
SURREY.--Item. Vous avez envoyé d'amples pouvoirs à Grégoire de Cassalis pour conclure, sans l'aveu du roi, ou l'autorisation de l'État, une ligue entre Sa Majesté et Ferrare.
SUFFOLK.--Par pure ambition, vous avez fait frapper l'empreinte de votre chapeau de cardinal sur la monnaie du roi.
SURREY.--Vous avez fait passer à Rome des sommes innombrables (quant à savoir comment vous les avez acquises, c'est un soin que je laisse à votre conscience), pour soudoyer Rome, et vous aplanir les chemins aux dignités, à la ruine entière du royaume. Il y a bien d'autres faits encore dont je ne souillerai pas ma bouche, parce qu'ils sont relatifs à vous et odieux.
LE CHAMBELLAN.--Ah! milord, ne poussez pas trop durement un homme qui tombe; c'est vertu de l'épargner. Ses fautes sont soumises aux lois, que ce soit elles et non pas vous qui le punissent. Mon coeur gémit de le voir réduit à si peu de chose, de si grand qu'il était.
SURREY.--Je lui pardonne.