CAMPEGGIO.--Avec la permission de Votre Majesté, la reine étant absente, il est d'une indispensable convenance que nous ajournions cette cour à un autre jour: et dans cet intervalle il faut faire à la reine une sommation pressante de se désister de l'appel qu'elle se propose de faire à Sa Sainteté.
(Les prélats se lèvent pour s'en aller.)
LE ROI HENRI, à part.--Il m'est aisé d'apercevoir que ces cardinaux me jouent; j'abhorre ces lenteurs dilatoires et les détours de la politique de Rome. O Cranmer, mon serviteur chéri et plein de lumières, reviens, je t'en conjure. À mesure que tu te rapproches de moi, je le sens, la consolation rentre dans mon âme. (Haut.) Rompez l'assemblée: je vous l'ai dit, retirez-vous.
(Ils sortent tous dans l'ordre dans lequel ils sont entrés.)
FIN DU DEUXIÈME ACTE.
ACTE TROISIÈME
SCÈNE I
Le palais de Bridewell.--Une pièce des appartements de la reine.
LA REINE et quelques-unes des femmes occupées à des ouvrages de leur sexe.
CATHERINE, à une de ses femmes.--Jeune fille, prends ton luth. Mon âme se sent toujours plus accablée de ses ennuis: chante et dissipe-les, si tu peux; quitte ton ouvrage.