Parler à un mari, ou lui faire une scène de larmes, n'a jamais abouti à rien de bon.

Aux rares heures où Bremmil était à la maison, il se montrait plus affectueux que de coutume, et cela laissait voir son jeu. Il se contraignait à ces démonstrations, en partie pour apaiser sa propre conscience, en partie pour adoucir mistress Bremmil. Des deux côtés, il ne réussissait point.

Alors l'aide de camp de service reçut de Leurs Excellences lord et lady Lytton l'ordre d'inviter Mr et Mistress Cusack-Bremmil à Peterhoff pour le 26 juillet, à neuf heures et demie du soir. Au coin de l'invitation, à gauche, était inscrite cette mention: «On dansera.»

—Je n'irai pas, dit mistress Bremmil, il y a trop peu de temps que cette pauvre petite Florie… Mais il ne faut pas que cela vous retienne, Tom.

Elle disait bien ce qu'elle voulait dire alors.

Bremmil déclara qu'il se contenterait d'y faire une courte apparition. Sur ce point il disait ce qui n'était point, et mistress Bremmil le savait.

Elle devinait—une intuition de femme est toujours bien plus exacte qu'une certitude d'homme—qu'il avait eu, dès le premier moment, l'intention d'y aller, et cela avec mistress Hauksbee.

Elle se mit à réfléchir.

Le résultat de ses réflexions fut que le souvenir d'un enfant mort n'a pas le prix de l'affection d'un mari vivant.

Elle fit son plan et joua le tout pour le tout.