Il faisait de fréquentes promenades à cheval, et dansait souvent avec elles, mais il ne réussissait jamais à les séparer, un temps appréciable, l'une de l'autre.

Selon les femmes, c'était une défiance profonde qui tenait les deux sœurs rapprochées, chacune d'elles craignant que l'autre ne gagnât l'avance d'une étape par une marche dérobée. Mais cela ne regarde pas un homme.

Saumarez se taisait, à raison ou à tort, et se donnait l'air aussi affairé qu'il pouvait dans ses attentions, et apportait le même soin à son travail et à sa partie de polo.

Il n'était pas douteux que les jeunes filles ne l'eussent pris en amitié.

Comme la saison chaude approchait, et que Saumarez ne se décidait pas,—les femmes disent qu'on eût pu lire dans les yeux des jeunes filles leur embarras,—elles avaient l'air contraint, anxieux, irritable.

Les hommes sont absolument aveugles en ces matières, à moins qu'il n'entre plus de féminin que de masculin dans leur composition, et alors ce qu'ils disent et ce qu'ils pensent n'a pas d'importance.

Pour moi, j'affirme que si les joues des misses Copleigh avaient perdu de leur fraîcheur, cela tenait à la chaleur des journées d'avril.

On aurait dû les envoyer plus tôt dans les montagnes.

Personne,—soit homme, soit femme,—ne se sent un ange quand arrivent les grandes chaleurs.

La cadette devint plus rosse,—pour ne pas dire plus aigre—dans ses façons. Quant aux manières engageantes de l'aînée, elles prirent quelque tranchant. On y sentait quelque effort.