Tim en ramasse un écheveau et en examine les quelques derniers pieds, qui retracent le chemin de 162 à travers la tourmente d'électricité.

«Je n'ai pas eu une carte de fièvre comme ceci à montrer en cinq ans», fait-il tristement.

Le cadran de hauteur d'un paquebot-poste retrace le moindre mètre de la moindre course. Les rubans vont ensuite au B.C.A, qui les compare et en tire des photographies superposées pour l'instruction des capitaines. Tim étudie son irrévocable passé en secouant la tête.

«Hello! Voici une chute de quinze cents pieds à cinquante-cinq degrés. Nous devons alors nous être trouvés la tête en bas, George!

—Est-ce possible! répond George. J'ai cru, sur le moment, le remarquer.»

George peut ne pas avoir la promptitude de chat du capitaine Purnall, mais il est artiste jusqu'au bout des larges doigts qu'il fait jouer sur les arrêts de garage. Les délicieuses courbes de vol s'éloignent sur le ruban sans jamais la moindre indécision. Le fuseau vertical de lumière du Ballon Feu descend vers l'est, et se couche au nez des étoiles qui nous suivent. Vers l'ouest, où nulle planète ne se lèverait, les triples verticaux de la Baie de la Trinité (nous tenons toujours la route du Sud) font comme une brume dont le niveau reste bas. Nous semblons la seule chose en repos sous l'étendue des cieux, flottant à l'aise jusqu'au moment où la révolution du globe nous présentera nos tours de débarcadère.

Et minute par minute notre horloge silencieuse nous donne un mille en seize secondes.

«A quelque belle nuit, dit Tim, nous en remontrerons au Maître de cette horloge.

—Le voici qui vient maintenant, fait George par-dessus son épaule. Je suis en train de chasser la nuit à l'ouest.»

Les étoiles, devant nous, ne se ternissent guère plus que si l'on avait, sans qu'on s'en aperçoive, tiré dessus un voile de vapeur; mais le profond retentissement de l'air sur notre enveloppe se change en acclamation joyeuse.