«Les ingénieurs, à la porte! Allez-vous-en me mâcher de la raclure de cire. Oust!» dit-elle.
La Teigne s'éclipsa.
Les jeunes abeilles descendirent du cadre en troupe, toutes chuchotantes.
«Qu'est-ce qu'il leur prend? dit l'ancienne. Pourquoi s'appellent-elles «mon petit chou» et «ma mignonne»? Ce doit être le temps. (Elle eut un reniflement inquiet.) Ce que cela sent le renfermé, ici! Comme de vieilles couettes. Pas de Teigne, je suppose, Mélissa?
—Pas que je sache», répondit Mélissa, laquelle, cela va sans dire, ne connaissait la Teigne que comme une dame à principes, et n'eût jamais songé à signaler sa présence.
Elle avait toujours entrevu les Teignes sous l'armure de libellules rouge-sang.
«Vous feriez bien de ventiler ce coin un instant,» dit la vieille abeille.
Et elle s'éloigna.
Mélissa laissa tomber la tête aussitôt, s'établit solidement sur ses pattes de devant, et, soumise, se mit à ventiler à la marche réglementaire—trois cents coups à la seconde. La ventilation est une chose qui met le caractère de l'abeille à l'épreuve, attendu qu'il faut à celle-ci se tenir tout le temps à la même place, où tout le temps il lui semble qu'elle ne fait rien de bon sans pour cela cesser d'user sa seule et unique paire d'ailes. Or, abeille qui ne peut voler ne doit vivre; et l'abeille le sait bien. La Teigne reparut, et se remit à caresser Mélissa.
«Je vois, murmura-t-elle, que de cœur vous êtes des nôtres.