Baxter me fit signe, et je m'esquivai pour regagner ma chambre, où je restai éveillé jusqu'au matin, en pensant, par-dessus tout, à cette chose muette de Holmescroft, qui demandait à s'expliquer. Je détestais Miss Mary aussi foncièrement que si je l'eusse connue depuis vingt ans, mais je sentais que, vivant ou mort, je n'eusse guère aimé me trouver l'objet de son blâme.

Toutefois, à midi, lorsque je vis Miss Mary dans sa petite voiture, Arthurs derrière, Baxter d'un côté et Miss Elisabeth de l'autre, dans les terrains en forme de parc de l'établissement thermal, je trouvai difficile d'arranger mes mots.

«Maintenant que vous savez tout, me dit Baxter à part, lorsque furent vaincus les premiers instants de timidité, il n'est que juste de vous dire que ma pauvre cousine n'est nullement morte dans Holmescroft. Elle était morte, lorsqu'on la trouva, le matin, sous la fenêtre. Bien morte.

—Sous le cytise qui pousse contre cette fenêtre?» demandai-je.

Car je me rappelai, soudain, cette espèce de balai tortu.

«Tout juste. Elle brisa l'arbre en tombant. Mais jamais il n'est survenu le moindre décès dans la maison, autant que nous ayons pu savoir. Vous pouvez être tout à fait tranquille sur ce point. Les mille livres d'extra de Mr. M'Leod pour ce que vous avez appelé la «patente nette» étaient toujours cela de plus pour mes cousines quand nous avons vendu. C'était mon devoir, en tant que leur homme d'affaires, de les obtenir pour elles... quoi qu'il m'en pût moralement coûter.»

Je ne suis pas homme à discuter lorsque les Anglais parlent de leur devoir. Aussi, fus-je d'accord avec mon solicitor.

«La mort de leur sœur doit avoir été un grand coup pour vos cousines, poursuivis-je. (La petite voiture était derrière moi.)

—Un coup terrible, murmura Baxter. Elles ne cessèrent d'y penser nuit et jour. Pas étonnant. Si leur conjecture suivant laquelle la pauvre Agnès s'était donné la mort se trouvait exacte, leur sœur était perdue pour l'éternité.

—Croyez-vous qu'elle se soit donné la mort?