Le second plaignant se courba vivement sous la menace du fouet de chasse. Le village se réjouit.
«O Un Tel, fils d'Un Tel, dit le Gouverneur, soufflé par le cheik, apprends, du jour où j'en donne l'ordre, à boucher tous les trous où Abu Hussein peut se cacher—sur—ta—terre!»
Les légers coups de fouet cessèrent. L'homme se redressa, triomphant. Le Gouvernement suprême avait, par cette accolade, reconnu son titre aux yeux de tous.
Pendant que le village louait la perspicacité du Gouverneur, un enfant nu, marqué de la petite vérole, fit une grande enjambée du côté du terrier, et resta là, planté sur une jambe, avec toute l'insouciance d'une jeune cigogne.
«Ah! fit-il, les mains derrière le dos. Il faudrait boucher ceci avec des bottes de paille de dhurra—ou mieux encore, des bottes d'épines.
—Des épines, de préférence, déclara le Gouverneur. Le gros bout à l'intérieur.»
L'enfant hocha gravement la tête, et s'accroupit sur le sable.
«Une sale journée pour toi, Abu Hussein! piaula-t-il par l'ouverture du terrier. Toute une journée d'embêtements à tes retours scélérats du matin.
—Qu'est-ce que c'est? demanda le Gouverneur. Cela raisonne?
—Farag l'Orphelin. Les siens ont été égorgés, au temps de l'Oppression. L'homme à qui Votre Excellence a décerné la terre est comme qui dirait son oncle maternel.