[38] Prenez-nous les renards et les petits renards qui gâtent les vignes, depuis que nos vignes ont des grappes.—Cantique des Cantiques, ch. II, vers. 15.

Un renard sortit de son terrier sur les rives du grand fleuve Gihon, qui arrose l'Ethiopie. Il vit un blanc qui passait à cheval à travers les tiges de durrha sèches, et, pour accomplir ses destinées, glapit après lui.

Le cavalier retint les rênes au milieu des villageois qui se pressaient autour de son étrier.

«Qu'est-ce que cela? dit-il.

—Cela, repartit le cheik du village, c'est un renard, ô Excellence Notre Gouverneur!

—Ce n'est pas, alors, un chacal?

—Rien du chacal, mais Abu Hussein, le père de la ruse!

—En outre (le blanc parla à mi-voix), je suis Mudir de cette province.

—C'est vrai, s'écrièrent-ils. Ya, Saart el Mudir (O Excellence Notre Gouverneur).»

Le grand fleuve Gihon, trop accoutumé à l'humeur des rois, continua de couler entre ses rives espacées d'un mille vers la mer, tandis que le Gouverneur louait Dieu en un cri strident et interrogateur encore ignoré de ces parages.