LA BECQUÉE

«Ressemblans aux petits oysellets qui ne peuvent encore voler, et qui baillent tousjours attendans la becquée d'autruy.»

AMYOT.

I

L'ÉVÉNEMENT

Les petites Pergeline montrèrent le nez en riant: elles ne se tenaient pas de joie lorsqu'elles avaient pu entrer sans sonner, et parvenir à pas de loup, par le corridor, jusqu'à l'entrée de la cour.

Mais elles prirent aussitôt la figure penchée de toutes les personnes qui se présentaient à la maison:

—Mon «pauvre» Riquet, est-ce qu'on peut monter dire bonjour à ta «pauvre» maman?

La bonne, Adèle, qui allait puiser de l'eau, répondit pour moi:

—Bien sûr que oui, mesdemoiselles. Madame a voulu se lever pour voir passer monsieur en militaire. Vous la trouverez sur son fauteuil en attendant le tambour… Et chez vous? toujours pas de nouvelles de ce «pauvre» M. Paul?