Je dis que tant qu’il y avait de la vie, il y avait de l’espoir.
—«De l’espoir! Mortimer! Vous ne savez pas plus ce que vous dites que l’enfant encore à naître. Si vous... Que je meure si l’ordonnance ne dit pas une cuillerée à thé toutes les heures! Comme si nous avions un an devant nous pour sauver l’enfant! Mortimer! dépêchez-vous! Donnez à la pauvre petite mourante une grande cuillerée, et essayez de vous hâter!»
—«Mais, ma chère, une grande cuillerée peut...»
—«Ne m’affolez pas! Là, là, là, mon chéri, mon amour! C’est bien mauvais, mais c’est bon pour Nelly, pour la petite Nelly à sa mère. Et cela va la guérir. Là, là, là, mettez sa petite tête sur le sein de sa maman, et dormez, vite... O Mortimer! Je sais qu’elle sera morte avant demain! Une grande cuillerée toutes les demi-heures, peut-être... Il faut lui donner de la belladone aussi... et de l’aconit. Allez chercher, Mortimer!... Maintenant laissez-moi faire. Vous n’entendez rien à tout cela.»
Nous allâmes enfin nous coucher, plaçant le petit lit près de l’oreiller de ma femme.
Tout ce tracas m’avait harassé. En deux minutes j’étais aux trois quarts endormi. Ma femme me secoua:
—«Mon ami, avez-vous retourné la clef du calorifère?»
—«Non.»
—«C’est bien ce que je pensais. Allez-y, je vous en prie. Cette chambre est froide.»
J’y allai, puis me rendormis. Je fus réveillé une fois de plus: