Yan sentit un long serrement de cœur.

Des écoliers jouaient sur la place publique, à l'ombre des platanes jaunis, et le vieillard crut se voir dans le passé, criaillant et gambadant comme ces gamins espiègles, sous ces mêmes platanes toujours jeunes.

Il ne pouvait plus marcher seul. Le cocher le soutenait gravement, sans une parole. Et Yan s'affaissa près du confessionnal, avec un grand bruit dans ses oreilles.

Le curé vint aussitôt, et Yan se confessa en gascon, en baissant ses yeux douloureux, en joignant ses mains osseuses, dont le tremblement faisait un petit bruit rythmé sur le prie-Dieu.

Le paysan communia, une demi-heure après. Et quand l'hostie symbolique fondit dans sa bouche, il sentit un tressaillement dans tout son être, comme si son vieux corps vibrait d'une nouvelle vie. Une tour en ruines doit éprouver de ces sensations, quand elle voit pousser des fleurs dans ses créneaux.

Et après la messe, Yan se fit conduire au cimetière.

Il marchait mieux; il avait l'âme en paix; et il croyait vaguement faire de la lumière par tout son corps, comme si des anges lui avaient passé une blanche tunique de lin.

Il s'arrêta devant le coin de terre où dormaient les siens. Mais il ne pleura plus. Un rang de pierres grises dans l'herbe. C'était là.

Yan trouva le sol très doux sous ses