Ghislaine l’avait emmenée dans sa chambre et elle s’efforçait de trouver des mots d’espoir pour cette angoisse que chaque minute exaspérait… Cela, alors qu’en elle-même, grandissait la désespérance ; que, la pensée tendue vers cette pièce où était en péril une vie humaine, elle écoutait tous les bruits de pas, le murmure confus et lointain des voix. Quel allait être l’arrêt du médecin ? Ah ! quel supplice de ne pouvoir rien, rien…
Un coup, soudain, fut frappé à la porte. Un domestique demandait :
— Mademoiselle voudrait-elle venir ? Ces messieurs la demandent dans la bibliothèque.
— J’y vais tout de suite.
— Laine, laissez-moi aller avec vous, suppliait Josette. Je veux le voir !
— Je vous promets, ma bien chérie, que je vous appellerai tout de suite, si vous pouvez entrer dans la chambre, sans danger pour votre père. Attendez-moi ici, ma petite bien-aimée, je vais voir ce qu’on désire de moi et je reviens vous chercher…
Josette inclina la tête en silence, toute son énergie de petite créature volontaire et passionnée concentrée dans l’effort qu’elle faisait pour retenir le cri de son angoisse. Et Ghislaine entra dans la bibliothèque attenant à la chambre de M. de Moraines.
Le docteur, qui écrivait, releva la tête au bruit de la porte.
— Ah ! mademoiselle de Vorges !
Avant qu’il eût parlé, elle devinait la vérité à l’expression de son regard… Elle demanda pourtant :