--Jean, tu es un petit malheureux!
Quel drôle de début! Mon père éprouve-t-il le besoin de changer la forme de ses prologues?
--Tu m'as menti!
Mon père me crie ça d'une voix furieuse. Il n'est pas question des ouvriers. Qu'y a-t-il?
--Tu m'as menti! Tu as menti à ta soeur! Tu as menti à tout le monde!
--Mais, papa... mais, papa...
--Viens ici, et tâche de dire la vérité, cette fois. Lorsque tu es arrivé chez ta tante, au Pavillon, l'autre jour, que s'est-il passé?
--Mais, rien, papa.
--Sacré nom d'un chien! si tu continues à mentir, tu auras affaire à moi!... Que s'est-il passé? que t'a dit ta tante, pendant le temps que tu es resté seul avec elle, en arrivant? Car tu es resté seul avec elle, j'en suis sûr; la cuisinière nous l'a dit. N'est-ce pas, Louise?
--Oh! certainement. Du reste, regarde donc la figure de Jean. Regarde-le rougir.