—A la saucisse maintenant! s’écria Barnabé, ayant posé les oiseaux sur le gril.
Il ouvrit une porte à gauche et s’éclipsa.
Je me trouvai seul avec Baptiste, lequel, s’étant faufilé dans l’ermitage sur nos talons, baguenaudait librement à travers l’immense cuisine, flairant de temps à autre la table, comme pour se renseigner sur les mets qu’on allait servir.
—Tu as donc toujours faim, toi? lui demandai-je.
Il vint à moi... Il regarda les chardonnerets qui crépitaient en rôtissant.
Barnabé rentra.
—Eh bien! grand poilu, fit-il apostrophant Baptiste, vas-tu me débarrasser le plancher, et au galop!...
En même temps il leva sa main droite, où pendait un long pli de saucisse, désignant à l’âne le fond de la cuisine. La pauvre bête, les oreilles basses, la queue entre les deux cuisses comme après quelque horion, s’éloigna, et finalement disparut dans l’ombre d’un arceau.
L’ermite retourna les chardonnerets, serra les brochettes l’une contre l’autre, maintenant que le feu en avait réduit le volume, et installa la saucisse sur le gril.