— C’est votre frère ? demande-t-il d’un ton affable et gourmand, en cessant de la tutoyer.

Hélène fait signe que oui.

— Où est-il ?

— Parti.

L’autre fixe longuement la jeune fille, ce regard est une lame bleue.

— Non, murmure-t-il, il se cache quelque part dans la ville. Ceux qui ont voulu s’enfuir sont morts ou prisonniers. Nous n’avons pas beaucoup de temps à perdre. Dans l’intérêt de votre frère vous devez nous indiquer sa retraite. Nos hommes sont surexcités, vous le pensez bien, une arrestation en bonne et due forme est préférable à un siège.

Hélène imagine Petit Louis avachi dans le fauteuil et guettant son pas. S’il ne la voit pas revenir, il va devenir fou de terreur.

— Que lui fera-t-on ? questionne-t-elle timidement.

Ce futur la fait sursauter. Elle s’aperçoit avec un indicible étonnement que le sort de son frère est déjà décidé.

Personne ne joue plus.