Le père regarde ses mains. Péniblement il les lève, elles sont lourdes d’inutilité. Ce sont de grosses mains solides, en bois calleux.
— Je ne sais pas.
Mais si, il sait ! Parbleu, elles ont des mouvements de travail. Elles piaffent comme des chevaux à l’heure de la besogne.
Hélène admire les mains de son père qui se balancent lourdement de chaque côté de ses jambes.
Et elle comprend.
— Tu as des mains nobles, murmure-t-elle.
Le vieux sourit, d’un air gêné.
— Il a de grosses « pognes », rectifie la mère ; c’est Petit Louis qui en a de belles.
Petit Louis, en effet, possède des mains précieuses, menues et cultivées. Des mains d’assassin ou de pianiste.
— La noblesse des mains, dit gravement Hélène, se mesure à l’usage qu’on en fait.