Ils se pressent tous quatre à la croisée. Derrière la ville une vaste lueur s’élève jusqu’au ciel.

Petit Louis s’exclame :

— Vous parlez d’un chouette incendie !

Hélène regarde avec un mélange d’admiration et de tristesse ce magnifique rougeoiement. Toutes les fois qu’elle assiste à un spectacle impressionnant elle éprouve de la tristesse, une tristesse navrée, qui lui donne la nostalgie des choses immenses auxquelles elle ne participe pas.

La mère dit :

— C’était donc pas assez des bombardements ! Il faut encore saccager.

— Bast, grogne le père, du temps qu’on y est…

Ça lui fait peut-être plaisir d’assister à de nouvelles destructions. Il désire une étendue éperdue de cendres avec plus personne dessus. Lui, il donnerait bien ses enfants en échange de la fin du monde.

La mère, elle, ne pense qu’à ses petits. Elle voudrait pouvoir les reprendre dans son grand ventre.

— Tu ne bourres pas une pipe ? demande gentiment Petit Louis à son père.