(c’est con un chêne qui parle)
Vous avez bien sujet… Le loup l’emporte
et puis le mange. Pardi. Est-ce qu’un jour
le mouton bouffera le loup ?
Il se met à aimer son père et le tient par la main. Un matin, voilà bien longtemps, il le tenait ainsi tandis qu’un chirurgien au calme insolent lui enlevait les amygdales. Petit Louis serrait très fort ces rudes doigts pacifistes et purs, durcis par le travail.
La porte s’ouvre : trois soldats en armes apparaissent. Il y en a un qui tient une feuille de bloc-note à la main et qui crie des noms :
— Dumoulin,
Bertois,
Lhargne.
Petit Louis reste paralysé par la peur. À sa profonde stupeur, il voit son père s’avancer vers les soldats.