* * *
Je ne suis revenu à moi qu'à l'hôpital. Et cependant j'avais perçu les phases principales de mon transfert.
Aux limites de mon subconscient bourdonnaient des voix. J'avais éprouvé une sensation de balancement très doux, puis de trépidation. Et une odeur acidulée était venue me chercher au fond de cette calme inconscience. J'avais examiné sans le moindre étonnement les murs ripolinés et le globe de verre laiteux fixé au plafond par une chaîne dorée. Je savais où je me trouvais et je considérais que c'était la suite logique de l'aventure. J'étais bien, sans doute m'avait-on fait une piqûre… Une infirmière s'était penchée sur moi.
— Ce n'est pas grave ? ai-je questionné.
— Non, m'a-t-elle dit ; une bonne commotion et des plaies à la tête, assez laides mais sans gravité ; deux jours de lit par mesure de sécurité et vous pourrez rentrer chez vous.
— Et la personne qui m'accompagnait ?
— Une jambe brisée en deux endroits et des points de suture un peu partout. Vous vous en êtes relativement bien tirés tous les deux.
— A-t-on prévenu chez moi ?
— Je suppose que oui.
Au petit jour, deux gendarmes sont venus me voir pour les formalités. Grâce à eux, j'ai pu avoir quelques détails sur l'accident.