Je dénoue ma cravate et je vais à la fenêtre. La ville immense est étalée autour de moi. Je la sens qui grouille, hostile, avec ses assassins, ses filles, ses flics effrayés.

Dire que je me fendais le parapluie lorsque je voyais ça au ciné !

Je baisse le store et commence à me déloquer. Je revêts un bath pyjama de soie bleue qu’une greluche de la Garenne-Bezons m’a offert.

Il se boutonne sur l’épaule, à la russe.

Là-dedans, j’ai l’impression d’être un officier du tsar en exil ! L’exil ! C’est un drôle de machin !

Je consulte ma tocante. Elle annonce timidement deux heures du mat’.

Allons, la journée a encore été rude. Le sommeil va me rebecqueter. M’est avis que demain matin j’y verrai plus clair et que je pourrai statuer sur mon cas d’une façon précise.

Je vide un dernier petit godet et je me fous au plumard.

La fatigue m’enveloppe comme un drap de crin.

Et Paris tournique au fond de mon cerveau comme un bouchon dans un remous.