—Rose? demanda Geneviève.

—Anaïs, répondit Léon; je l'ai vue l'autre matin, elle est fort jolie au jour.

—J'aime mieux Rose.

—Et moi aussi,» pensa Léon; mais la chose qu'il pensait était précisément celle qu'il ne voulait pas dire. Il dit: «Peut-être était-elle dans l'ombre ici; était-elle du côté de la fenêtre?

—Oui,» dit Geneviève.

Léon ne dit plus rien; il savait où s'étaient placées Mme Michaud et sa fille. De ce jour, il adopta la chaise de Rose, et la changea, en l'absence de Geneviève, contre une semblable qui était dans sa chambre. Deux jours avant la noce, on apporta la toilette de Geneviève. Léon s'était acheté des souliers.

XII

La toilette de Geneviève.

La toilette de Geneviève, cela est bientôt dit; je vois d'ici votre mauvaise humeur, madame; vos lèvres déjà un peu minces se sont resserrées, et il a passé par votre tête une pensée injurieuse pour moi. A quoi bon, en effet, faire un gros volume, quatre cents pages, ma foi, et plus de quatre cent vingt-huit mille lettres, pour passer sous silence précisément ce qui peut se rencontrer d'intéressant? Je m'expose à vous voir comparer chacune des choses que je dis à la chose que je ne dis pas, et ne rien trouver dans mes quatre cents pages qui vaille la page que j'ai négligé d'écrire.

«Ce monsieur, dites-vous, a le plus grand soin de nous détailler la parure des prairies: parure de printemps, parure d'été, parure d'automne, parure d'hiver; il n'oublie pas un seul bouton d'or, ni une sauge, ni une marguerite.