Combien je suis marry que la muse françoise
Ne peut dire ces mots comme fait la grégeoise,
Ocymore, Dyspotme, Oligochronien;
Ma muse les diroit du sang Valésien.

UNE VOIX.—Au fait!

ANTOINE.—Et moi aussi, messieurs, combien je suis marri que la muse française n'ait pas, comme l'italien, un mot particulier pour désigner une grosse vilaine chaussure! (Bien, bien.) Quelles bottes, messieurs! voyez comme elles sont tournées et déformées! c'est en vain que l'accusé, enserrant ses deux pieds l'un contre l'autre, espère nous dissimuler une pièce qui déshonore sa botte droite. A propos de cette botte, je vais en porter une terrible à l'inculpé. (Murmures en sens divers.)—Oh! oh!—Ah! ah! ah! Eh! eh! (Marques nombreuses de désapprobation.)

UNE VOIX (qui pourrait être celle de Léon).—Le jeu de mots est misérable.

PLUSIEURS VOIX.—A l'ordre! à l'ordre!

ANTOINE.—Je demande la parole pour un fait personnel. Il n'est pas difficile, messieurs, de ne pas se tromper quand on ne fait rien; mais le plus embarrassé, comme on dit, est celui qui tient la queue de la poêle.

—Pardon, messieurs, dit Léon, c'est celui qu'on fait frire.

—Nous demandons, dit l'orateur, à notre ami, la raison de ce délabrement, de ce déguenillement. Ah! s'il n'avait pas d'argent, s'il était gueux comme nous, ce serait très-bien. Nous savons respecter le malheur. Mais ce n'est pas là la position de notre ami. Nous lui demanderons, en outre, pourquoi il élude les parties de plaisir auxquelles on le convie, quand nous autres, pauvres diables, nous savons toujours trouver de l'argent pour ces graves circonstances. Accusé, qu'avez-vous à répondre?»

Léon alors fit le mauvais sujet, parla vaguement de femmes, de désordres, de dettes, d'orgies, etc., etc.

Quand il aurait pu dire: