—Silence! dit Laïza du même ton impératif.

Puis il reprit:

—Qui est-ce qui, après avoir dénoncé la conspiration au gouverneur, a tiré sur notre chef, au bas de la petite montagne, le coup de fusil qui l'a blessé?

—Antonio le Malais, répondirent tous les nègres.

—Qui m'a vu? s'écria le Malais. Qui ose dire que c'est moi? Qui peut, dans la nuit, reconnaître un homme d'un autre homme?

—Silence! dit Laïza.

Puis, reprenant avec le même accent calme et interrogateur:

—Enfin, dit-il, après avoir dénoncé la conspiration au gouverneur, après avoir tenté d'assassiner notre chef, qui est-ce qui venait encore la nuit ramper comme un serpent autour de notre retraite, pour découvrir quelque ouverture par laquelle les soldats anglais pussent entrer?

—Antonio le Malais, reprirent encore une fois les nègres avec ce même accent de conviction qui ne les avait pas encore quittés un instant.

—Je venais pour rejoindre mes frères, s'écria le prisonnier; je venais pour partager leur sort quel qu'il fût, je le jure, je le proteste!