Tous deux étaient dans le petit cabinet où avait déjà eu lieu la scène que je viens de raconter. Le curé était triste, et le père Thomas était sombre et sévère.
Je restai debout contre la porte; je sentais que ma cause était jugée et perdue.
—Du courage, mon enfant, me dit le prêtre; car voilà Thomas qui nous apporte de mauvaises nouvelles.
—Gabriel ne m'aime plus, m'écriai-je.
—On ne sait pas ce qu'est devenu Gabriel, me dit le curé.
—Comment cela? m'écriai-je; le vaisseau qui le portait est-il perdu? Gabriel est-il mort?
—Plût au ciel, dit son père, et que toute la fable qu'il nous a faite fût une vérité!
—Quelle fable? demandai-je effrayée, car je commençais à tout voir comme à travers un voile.
—Oui, dit le père, je me suis présenté chez le banquier; le banquier n'a pas su ce que je voulais lui dire, il n'a jamais eu de commis appelé Gabriel Lambert, il n'a aucun intérêt à la Guadeloupe.
—Oh! mon Dieu! mais alors il fallait aller chez celui qui lui a procuré cette place, le candidat, vous savez....