Un instant après leur hôte rentra, et alla s'asseoir, sans dire un mot, dans un coin de la chambre; puis, appuyant ses coudes sur ses genoux, il laissa tomber sa tête entre ses mains.
Acté, le voyant si triste et si accablé, alla s'agenouiller près de lui:
—Esclave, lui dit-elle tout bas, pourquoi ne t'adresses-tu pas à cet homme? peut-être aurait-il quelque remède à ton affliction, quelque consolation à ta douleur.
—Merci, lui répondit l'esclave, mais notre affliction et notre douleur ne sont pas de celles qu'on guérit avec des paroles.
—Homme de peu de foi, dit Paul en se levant, pourquoi doutes-tu? ne sais tu pas les miracles du Christ?
—Oui, mais le Christ est mort, s'écria l'esclave en secouant la tête; les Juifs lui ont mis les bras en croix, et il est maintenant au ciel, à la droite de son père. Béni soit son nom!
—Ne sais-tu pas, reprit Paul, qu'il a légué son pouvoir à ses apôtres?
—Mon enfant, mon pauvre enfant! dit le père, éclatant en sanglots, et sans répondre au vieillard.
Un gémissement sourd, qui se fit entendre dans la chambre à côté, s'éveilla comme un écho à cette explosion de douleur.
—O mon père! dit Acté en revenant vers Paul, si vous pouvez quelque chose pour ces malheureux, faites ce que vous pouvez, je vous en supplie; car quoique j'ignore la cause de leur désespoir, il me déchire l'âme; demandez-lui donc ce qu'il a, peut-être vous répondra-t-il, à vous.