—Pauvre enfant! et qu'attends-tu de moi?
—Un asile dans ta maison du lac Lucrin, une place parmi tes esclaves, un voile assez épais pour couvrir la rougeur de mon front.
—Ne veux-tu donc plus revoir l'empereur?
—O ma mère!...
—Veux-tu donc le laisser errant au hasard, comme un vaisseau perdu, sur cette mer de débauches?
—O ma mère! si je l'aimais moins, peut-être pourrais-je demeurer près de lui; mais comment veux-tu que je voie là, devant moi, d'autres femmes aimées comme je suis aimée, ou plutôt comme j'ai cru l'être. C'est impossible; je ne puis pas avoir tant donné pour n'obtenir que si peu. Au milieu de ce monde perdu, je me perdrais; parmi ces femmes, je deviendrais ce que sont ces femmes; j'aurais aussi un poignard à ma ceinture, du poison dans quelque bague, puis un jour....
—Qu'y a-t-il, Acerronie? interrompit Agrippine en s'adressant à une jeune esclave qui entrait en ce moment.
—Puis-je parler, maîtresse? répondit celle-ci d'une voix altérée.
—Parle.
—Où crois-tu aller?