—Tu te trompes, jeune fille, je dis à peine la vérité.
—Mais comment ne te punit-il pas de révéler de pareils secrets?
—Cela pourra bien m'arriver un jour, et je m'y attends.
—Pourquoi alors t'exposes-tu ainsi à sa vengeance?...
—Parce que je suis peut-être la seule qui ne puisse pas la fuir.
—Mais qui donc es-tu?
—Sa mère!
—Agrippine! s'écria Acté, s'élançant hors du lit et tombant à genoux, Agrippine! la fille de Germanicus!... sœur, veuve et mère d'empereurs!... Agrippine debout devant moi, pauvre fille de la Grèce!... Oh! que me veux-tu?... Parle, commande, et je t'obéirai... À moins cependant que tu ne m'ordonnes de cesser de l'aimer! car, malgré tout ce que tu m'as dit, je l'aime toujours.... Mais alors je puis, sinon t'obéir encore, du moins mourir.
—Au contraire, enfant, reprit Agrippine, continue d'aimer César de cet amour immense et dévoué que tu avais pour Lucius, car c'est dans cet amour qu'est tout mon espoir, car il ne faut rien moins que la pureté de l'une pour combattre la corruption de l'autre.
—De l'autre! s'écria la jeune fille avec terreur. César en aime-t-il donc une autre?