NOËL BRETON

Sur l’air d’Anne de Bretagne

A la mémoire de mon fils Georges

C’est Marie, reine des vagues

Et des goëmons, (bis)

Qui regagne sa Bretagne :

Vivent Marie et sainte Anne,

Ah ! Ah ! Ah !

Ave, ave Maria !

Saint Corentin l’accompagne

Et saint Yve aussi. (bis)

Ils cherchent par les campagnes,

Vivent Marie et sainte Anne,

Ah ! Ah ! Ah !

Jésus qu’on dit près d’ici.

Ils ont fait toute la terre

Et n’ont rien trouvé, (bis)

Ils ne savent plus que faire :

Où l’a-t-on caché, ma mère,

Ah ! Ah ! Ah !

Marie se met à pleurer.

Tous les maudits de la terre,

Tous les mécréants, (bis)

Nous poursuivent de leur haine,

Nous et tous ceux qui nous aiment,

Ah ! Ah ! Ah !

Qu’ont-ils fait de mon enfant ?

— Ma fille, lui dit sainte Anne,

Encore essayons : (bis)

Nous revoilà-z-en Bretagne,

Vivent Marie et sainte Anne,

Ah ! Ah ! Ah !

Où c’est tout des bons garçons.

Entrent dans une cabane,

Chez des paysans : (bis)

— Que demandez-vous, Madame ?

Vivent Marie et sainte Anne,

Ah ! Ah ! Ah !

Vous êtes bien fatiguée.

Acceptez un coup de cidre

Qu’on tire pour vous, (bis)

Dites ce qui vous amène,

Contez-nous vite vos peines,

Ah ! Ah ! Ah !

Et d’abord asseyez-vous.

— Je cherche mon fils, Madame,

C’est l’Enfant Jésus ; (bis)

Les maudits me le volèrent

Et c’est moi qui suis sa mère,

Ah ! Ah ! Ah !

Et nous ne le trouvons plus.

— Regardez-le qui sommeille

Contre notre fils, (bis)

Il sommeille comme un ange,

Et j’ai taillé pour son lange,

Ah ! Ah ! Ah !

Ma robe de mariée.

Son lit est fait d’herbe fraîche

Et genêt fleuri, (bis)

Le bœuf et l’âne le lèchent

Tout comme au temps de la crèche,

Ah ! Ah ! Ah !

Le chien et le chat aussi.

Jésus dans l’instant s’éveille,

A tous il sourit ; (bis)

— Bonjour mère, et vous, sainte Anne,

Et vous l’hôte, et vous, Madame,

Ah ! Ah ! Ah !

Que la paix soit avec vous !

C’est vraiment grande merveille

Qu’enfant si petit (bis)

Parle avec tant de sagesse,

Car pour faire politesse,

Ah ! Ah ! Ah !

C’est en breton qu’il parla.

— Je monte revoir mon père

Au ciel des élus ; (bis)

Pour vous que pourrons-nous faire,

Parlez-en donc à ma mère,

Ah ! Ah ! Ah !

Qui m’avez si bien reçu ?

— Seigneur, les gens de Bretagne

Ne demandent rien, (bis)

Qu’être chez eux en Bretagne

Vivent Marie et sainte Anne,

Ah ! Ah ! Ah !

Et le droit d’être chrétiens.

— Mes amis, dit l’Enfant Juste,

C’est très bien parlé ; (bis)

A vos droits si l’on y touche,

Prenez vos fusils, vos fourches,

Ah ! Ah ! Ah !

Je serai-z-à vos côtés.

Et je vous confie ma mère

Pour me la garder, (bis)

Tout le temps que sur la terre

— Vivent Jésus et sa mère,

Ah ! Ah ! Ah !

Il lui plaira de rester.

Moi, le ciel je le regagne

Et vous laisse en don (bis)

Notre-Dame à la Bretagne,

Vivent Marie et sainte Anne,

Ah ! Ah ! Ah !

Et la Bretagne aux Bretons !

Mois de Marie 1924.