CASSIO.—Allez, femme, rejetez vos vils soupçons dans la gueule du diable où vous les avez pris. Vous êtes jalouse, maintenant? Vous croyez que ceci vient de quelque maîtresse, que c'est un souvenir? Non, en bonne foi, Bianca.

BIANCA.—Eh bien! à qui appartient-il?

CASSIO.—Je n'en sais rien encore, ma chère. Je l'ai trouvé dans ma chambre; le travail m'en plaît fort: avant qu'on le redemande, comme cela arrivera probablement, je voudrais en avoir le dessin: prenez-le, copiez-le, et laissez-moi pour le moment.

BIANCA.—Vous laisser, et pourquoi?

CASSIO.—J'attends ici le général, et je n'ai pas envie, car ce ne serait pas une recommandation pour moi, qu'il me trouve accosté d'une femme.

BIANCA.—Et pourquoi, s'il vous plaît?

CASSIO.—Ce n'est pas que je ne vous aime.

BIANCA.—Non, non, vous ne m'aimez point: je vous prie, du moins reconduisez-moi quelques pas; et dites si je vous verrai de bonne heure ce soir?

CASSIO.—Je ne puis vous accompagner bien loin, car c'est ici même que j'attends; mais je vous verrai de bonne heure.

BIANCA.—C'est bon, bon. Il faut bien que je me plie aux circonstances.