BRABANTIO.—Moi, non. Qui êtes-vous?

RODERIGO.—Je m'appelle Roderigo.

BRABANTIO.—Tu n'en es que plus mal venu. Déjà je t'ai défendu de rôder autour de ma porte. Je t'ai franchement déclaré que ma fille n'est pas pour toi: et aujourd'hui dans ta folie, encore plein de ton souper, et échauffé de boissons enivrantes, tu viens me braver méchamment et troubler mon sommeil!

RODERIGO.—Seigneur, seigneur, seigneur...

BRABANTIO.—Mais tu peux être bien sûr que j'ai assez de pouvoir pour te faire repentir de ceci.

RODERIGO.—Modérez-vous, seigneur.

BRABANTIO.—Que me parles-tu de vol? C'est ici Venise: ma maison n'est pas une grange isolée.

RODERIGO.—Puissant Brabantio, c'est avec une âme droite et pure que je viens à vous...

JAGO.—Parbleu, seigneur, vous êtes un de ces hommes qui ne veulent pas servir Dieu quand c'est Satan qui le leur commande. Parce que nous venons vous rendre service, vous nous prenez pour des bandits. Vous voulez donc voir votre fille associée à un cheval de Barbarie[2]? Vous voulez donc que vos petits-enfants hennissent après vous? vous voulez avoir des coursiers pour cousins et des haquenées pour parents?

Note 2: [(retour) ]

Covered with a Barbary horse.