LE PEUPLE.—Non, entrons.

LAERTES.—Je vous en prie, laissez-moi faire.

LE PEUPLE.—Oui, oui!

(Ils se retirent hors de la porte.)

LAERTES.—Je vous remercie,... gardez la porte.... O toi, roi infâme, rends-moi mon père!

LA REINE.—Calmez-vous, brave Laërtes.

LAERTES.—Une seule goutte de mon sang, si elle est calme, me proclame bâtard, crie à mon père: «cocu!» et brûle, ici même, du nom de fille de joie, le front chaste et immaculé de ma loyale mère.

LE ROI.—Quelle est la cause, Laërtes, qui fait prendre à ta rébellion ces airs gigantesques?... Laissez-le aller, Gertrude; ne craignez pas pour notre personne; il y a une magie divine qui entoure les rois d'une telle haie, que la trahison peut à peine regarder à la dérobée ce qu'elle voudrait et met en action peu de sa volonté!... Dis-moi, Laërtes, pourquoi tu es à ce point enflammé.... Laissez-le aller, Gertrude... Parle, ô homme!

LAERTES.—Où est mon père?

LE ROI.—Mort.