Il la regarde fixement. Elle se tait, effrayée.
Suis-je chez doña Sol? fiancée au vieux duc[4]
De Pastraña, son oncle, un bon seigneur, caduc,
Vénérable et jaloux? dites? La belle adore
Un cavalier sans barbe et sans moustache encore,
Et reçoit tous les soirs, malgré les envieux,
Le jeune amant sans barbe à la barbe du vieux.
Suis-je bien informé?
Elle se tait. Il la secoue par le bras.
Vous répondrez peut-être?
DOÑA JOSEFA.
Vous m'avez défendu de dire deux mots, maître.
DON CARLOS.
Aussi n'en veux-je qu'un.—Oui,—non.—Ta dame est bien
Doña Sol de Silva? parle.
DOÑA JOSEFA.
Oui.—Pourquoi?
DON CARLOS.
Pour rien. Le duc, son vieux futur[5], est absent à cette heure?
DOÑA JOSEFA.
Oui.
DON CARLOS.
Sans doute elle attend son jeune?
DOÑA JOSEFA.
Oui.
DON CARLOS.
Que je meure!