Note 215: [(retour) ]

Voir 1613, p. 143, 144, notes, et 1603, p. 21.


Descouverte de l'isle aux Lievres. De l'isle aux Couldres: & du sault de Montmorency.

CHAPITRE IIII.

Je partis de Tadoussac[216] pour aller à Québec, & passasmes prés d'une isle qui s'appelle l'isle aux Lievres, distante de 6 lieues dudit port, & est à deux lieues de la terre du nort, & à prés de 4 134/790 lieues [217] de la terre du sud. De l'isle aux Lievres, nous fusmes à une petite riviere qui asseche de basse mer, où à quelque 700 à 800 pas dedans y a deux sauts d'eau. Nous la nommasmes la riviere aux Saulmons[218], à cause que nous y en prismes. Costoyant la coste du nort, nous fusmes à une pointe qui advance à la mer, qu'avons nommé le cap Dauphin [219], distant de la riviere aux Saulmons trois lieues. De là fusmes à un autre cap que nommasmes le cap à l'Aigle[220], distant du cap Dauphin 8 lieues. Entre les deux y a une grande ance, où au fonds y a une petite riviere qui asseche de basse mer [221], & peut tenir environ lieue & demie. Elle est quelque peu unie, venant en diminuant par les deux bouts. A celuy de l'ouest y a des prairies & pointes de rochers, qui advancent quelque peu dans la riviere: & du costé du surouest elle est fort batturiere, toutesfois assez agréable, à cause des bois qui l'environnent, distante de la terre du nort d'environ demie lieue, où il y a une petite riviere qui entre assez avant dedans les terres, & l'avons nommée la riviere platte, ou malle baye [222], d'autant que le travers d'icelle la marée y 135/791court merveilleusement: & bien qu'il face calme, elle est tousjours fort emeue, y ayant grande profondeur: mais ce qui est de la riviere est plat, & y a force rochers en son entrée, & autour d'icelle. De l'isle aux Couldres costoyans la coste, fusmes à un cap, que nous avons nommé le cap de Tourmente, qui en est à sept lieues [223], & l'avons ainsi appellé, d'autant que pour peu qu'il face de vent, la mer y esleve comme si elle estoit pleine. En ce lieu l'eau commence à estre douce. De là fusmes à l'isle d'Orléans, où, il y a deux lieues, en laquelle du costé du sud y a nombre d'isles, qui sont basses, couvertes d'arbres, & fort agréables remplies de grandes prairies, & force gibbier, contenans à ce que j'ay peu juger, les unes deux lieues, & les autres peu plus ou moins. Autour d'icelles y a force rochers, & bases fort dangereuses à passer, qui sont esloignez d'environ deux lieues de la grande terre du sud. Toute ceste coste, tant du nort, que du sud, depuis Tadoussac, jusques à l'isle d'Orléans, est terre montueuse, & fort mauvaise, où il n'y a que des pins, sapins & bouleaux, & des rochers tres-mauvais, & ne sçauroit-on aller en la plus-part de ces endroits.

Note 216: [(retour) ]

Le 30 juin 1608.

Note 217: [(retour) ]

Près de trois lieues.

Note 218: [(retour) ]

Probablement la rivière du port à l'Équille, ou port aux Quilles. (Voir 1613. P. 145, note 3.)

Note 219: [(retour) ]

Le cap au Saumon.

Note 220: [(retour) ]

Aujourd'hui le cap aux Oies.