Note 109: [(retour) ]

Les sauvages de Pentagouet étaient des Etchemins. En 1613, l'auteur avait dit: qu'on appelle aussi Etechemins. En remplaçant ici leur nom par celui de leur rivière, on a oublié de retrancher le mot aussi.

Or il faut de necessité que ceste riviere soit celle de Norembegue: car passé icelle jusques au 41e degré que j'ay costoyé, il n'y en a point d'autre sur les hauteurs cy dessus dites, que celle de Quinibequy, qui est presque en mesme hauteur, mais non de grande estendue. D'autre part, il ne peut y en avoir qui entrent avant dans les terres, d'autant que la grande riviere Sainct Laurent costoye la coste d'Acadie & de Norembegue, où il n'y a pas plus de 73/729l'une à l'autre par terre de 45 lieues, ou 60 au plus large en droite ligne.

Or je laisseray ce discours, pour retourner aux Sauvages qui m'avoient conduit aux saults de la riviere de Norembegue, lesquels furent advertir Bessabez leur chef, & d'autres Sauvages, qui allèrent en une autre petite riviere advertir aussi le leur, nommé Cabahis, & luy donner advis de nostre arrivée.

Le 16 du mois[110] il vint à nous environ trente Sauvages, sur l'asseurance que leur donnèrent ceux qui nous avoient servy de guide. Vint aussi ledit Bessabez nous trouver ce mesme jour avec six canaux. Aussi tost que les Sauvages qui estoient à terre le veirent arriver, ils se mirent tous à chanter, dancer, sauter, jusques à ce qu'il eust mis pied à terre: puis après s'assirent tous en rond contre terre, suivant leur coustume, lors qu'ils veulent faire quelque harangue, ou festin. Cabahis l'autre chef peu après arriva aussi avec vingt ou trente de ses compagnons, qui se retirèrent à part, & se resjouirent fort de nous voir, d'autant que c'estoit la première fois qu'ils avoient veu des Chrestiens. Quelque temps après je fus à terre avec deux de mes compagnons, & deux de nos Sauvages, qui nous servoient de truchement, & donnay charge à ceux de nostre barque d'approcher prés des Sauvages, & tenir leurs armes prestes pour faire leur devoir s'ils appercevoient quelque émotion de ces peuples contre nous. Benabez nous voyant à terre nous fit asseoir, & commença à petuner avec ses compagnons, 74/730comme ils font ordinairement auparavant que faire leur discours, & nous firent present de venaison & de gibbier. Tout le reste de ce jour & la nuict suivante, ils ne firent que chanter, dancer, & faire bonne chère, attendant le jour. Par après chacun s'en retourna, Bessabez avec ses compagnons de son costé, & nous du nostre, fort satisfaits d'avoir eu cognoissance de ces peuples.

Note 110: [(retour) ]

Le 16 de septembre 1604. (Voir, 1613, liv. I, c. v.)

Le 17 du mois je prins la hauteur, & trouvay 45 degrez, & 25 minutes de latitude. Ce fait, je partis pour aller à une autre riviere appellée Quinibequy, distante de ce lieu de 35 lieues, & prés de 15 de Bedabedec. Ceste nation de Sauvages de Quinibequy s'appelle Etechemins[111], aussi bien que ceux de Norembegue.

Note 111: [(retour) ]

Voir 1613, p. 38, note 1.

Le 18 du mois je paissay prés d'une petite riviere où estoit Cabahis, qui vint avec nous dedans nostre barque environ 12 lieues. Et luy ayant demandé d'où venoit la riviere de Norembegue, il me dit qu'elle passe le sault dont j'ay fait cy-dessus mention, & que faisant quelque chemin en icelle, on entroit dans un lac par où ils vont à la riviere de Saincte Croix quelque peu par terre, puis entrent dans la riviere des Etechemins. Plus au lac descend une autre riviere par où ils vont quelques jours, en après entrent en un autre lac, & passent par le milieu puis estans parvenus au bout, ils font encore ..................................................... autre petite riviere [112] qui va se descharger dans le grand fleuve Sainct Laurent. Tous ces peuples de 75/731Norembegue sont fort basannez, habillez de peaux de castors, & autres fourrures, comme les Sauvages Canadiens & Souriquois, & ont mesme façon de vivre.

Note 112: [(retour) ]

La rivière Etchemin.

Voilà au vray tout ce que j'ay remarqué tant des costes, peuples, que riviere de Norembegue, & ne sont les merveilles qu'aucuns en ont escrites. Je croy que ce lieu est aussi mal agréable en hyver, que celuy de Saincte Croix.