Mais cela, c'est une autre histoire.

La femme du colonel fut tourmentée d'autant plus cruellement parce qu'elle croyait, que cela faisait ressortir plus vivement la vilenie des hommes.

Quand on se rappelait les méfaits qu'elle avait commis, c'était un vrai plaisir que de la voir ainsi misérable, que de voir les efforts désespérés qu'elle faisait pour que la station ne s'en aperçût point.

Mais la station le savait, en riait sans le moindre remords, car on y avait appris l'histoire de la montre, racontée avec maints gestes dramatiques par mistress Larkyn.

Une ou deux fois, Platte croyant que le colonel n'était point parvenu à se disculper, dit à mistress Larkyn:

—Cette affaire est allée assez loin. Je suis d'avis qu'on apprenne à la femme du colonel comment c'est arrivé.

Mistress Larkyn pinça les lèvres, hocha la tête, et déclara que la femme du colonel devait faire de son mieux pour supporter son châtiment.

Or, mistress Larkyn était une femme frivole, en qui nul n'eût pu soupçonner une telle profondeur de haine.

En conséquence, Platte ne fit aucune démarche, et en vint à croire, d'après le silence du colonel, que celui-ci avait dû «courir la prétantaine» quelque part, cette nuit-là, et que dès lors, il aimait mieux encourir une légère pénalité pour avoir pénétré dans les clôtures des gens en dehors des heures de visites.

Platte finit au bout d'un temps par oublier l'affaire de la montre, et retourna dans la plaine avec son régiment.