Mistress Hauksbee le menait avec un licol, et après le traitement que lui avait fait subir mistress Reiver, ce lui fut un changement appréciable.
Mistress Reiver lui avait fait perdre l'habitude de parler de lui, et l'avait dressé à parler de ses mérites à elle.
Mistress Hauksbee s'y prit autrement, et gagna si bien sa confiance qu'il finit par lui parler de ses fiançailles avec la jeune fille de là-bas, au pays, tout en présentant la chose en grandes et vastes phrases comme un «coup de folie de jeunesse».
Cela eut lieu un jour qu'il prenait le thé chez elle, dans l'après-midi, en causant d'une façon qu'il croyait gaie et charmeuse.
Mistress Hauksbee avait vu la génération qui avait précédé Pluffles dans la vie bourgeonner, puis s'épanouir, puis se flétrir en devenant des capitaines gras à lard et des majors ronds comme des tonneaux.
En comptant sans exagération, on aurait pu trouver vingt-trois aspects divers dans le caractère de la dame.
Certains en eussent vu davantage.
Elle débuta en tenant à Pluffles des propos maternels, et comme si la différence entre leurs âges eût été de trois cents ans, au lieu de quinze.
Elle parlait avec une sorte de tremblement guttural qui avait un effet moelleux, bien qu'elle prétendît que son langage n'eût rien de moelleux.
Elle faisait remarquer à Pluffles la folie extrême, pour ne pas dire la bassesse de sa conduite, l'étroitesse de ses vues.