Le conte trouva créance aussi longtemps qu'il le fallait, car quinze jours plus tard tout le monde avait oublié le Jeune Garçon et ce qui le concernait.
Néanmoins, il se trouva bien des gens qui eurent le temps de dire que le major s'était scandaleusement conduit en ne rapportant pas le corps pour des funérailles régimentaires.
Dans tout cela, ce qu'il y eut de plus triste, ce fut la lettre que la mère du Jeune Garçon nous écrivit au major et à moi, avec de grandes taches, qui avaient délayé l'encre, semées sur le papier. Elle nous écrivait les choses les plus reconnaissantes possibles au sujet de notre grande bonté, et de l'obligation qu'elle nous aurait toute sa vie.
Toutes choses considérées, elle nous devait bien quelque chose, mais non point au sens où elle l'entendait.
LE SAÏS DE MISS YOUGHAL
Quand homme et femme s'entendent, que peut faire le Kazi?
(Proverbe mahométan)
Certaines gens disent qu'il n'y a pas de roman dans l'Inde.
Ces gens-là se trompent.
Nos existences contiennent du roman autant qu'il nous en faut. Parfois davantage.
Strickland faisait partie du corps de police, et personne ne le comprenait. Aussi disait-on que c'était une étrange sorte d'homme et s'écartait-on de lui.