Les éclats de rire et la sensation d'étranglement me reprirent, et je fus forcé de m'arrêter. Le major n'était guère plus maître de lui-même, et nous savions qu'il nous restait la partie la plus terrible de la besogne.
Nous mîmes sous enveloppe le paquet: photographies, médaillon, anneau et boucle de cheveux, et nous cachetâmes avec la cire à cacheter et le cachet du Jeune Garçon.
Alors le major dit:
—Grand Dieu, allons dehors—hors de cette chambre—et réfléchissons.
Nous sortîmes, pour nous promener une heure sur les bords du canal, manger et boire ce que nous avions apporté, jusqu'à ce que la lune se levât.
Je sais maintenant au juste quelles sont les sensations d'un assassin.
Finalement, avec un grand effort nous parvînmes à rentrer dans la chambre où se trouvait l'autre chose avec la lampe, et nous nous mîmes à la besogne qui nous restait à accomplir.
Je ne veux rien écrire à ce sujet: ce fut trop horrible.
Nous brûlâmes la literie et jetâmes les cendres dans le canal, nous enlevâmes les nattes de la pièce pour les traiter de la même façon.
Je me rendis à un village et j'empruntai deux grandes pioches,—car je ne voulais pas recourir à l'aide des paysans,—tandis que le major se chargeait… du reste.