Puis c'étaient des choses particulières qu'il disait à son père, à sa mère; ça n'en finissait pas; c'est trop sacré pour qu'on l'imprime.
La lettre à la jeune fille de son pays était le morceau le plus touchant.
En la lisant, j'eus la gorge serrée. Le major ne fit nul effort pour rester les yeux secs.
Cela m'inspira du respect pour lui.
Il lut, il se balança de côté et d'autre, il pleura comme une femme, simplement, sans chercher à s'en cacher.
Les lettres étaient bien terribles, bien désespérées, bien touchantes. Nous oubliâmes toutes les sottises du Jeune Garçon, et nous ne pensâmes plus qu'à la pauvre chose qui gisait sur le cadre et aux feuilles couvertes d'écriture que nous avions dans les mains. Il était absolument impossible de laisser des lettres comme celles-là arriver à leur adresse. Elles auraient brisé le cœur de son père, et auraient tué sa mère en tuant la foi qu'elle avait en son fils.
Enfin, le major sécha ses yeux, toujours franchement, et dit:
—Voilà des choses bien commodes à jeter à la tête d'une famille anglaise! Qu'allons-nous faire?
Sachant pourquoi le major m'avait emmené, je répondis:
—Le Jeune Garçon est mort du choléra. Nous étions ici à ses derniers moments. Nous ne nous en tirerons pas par des demi-mesures… Allons-y.