Bientôt la pâte et l'étoffe verte formèrent une sorte de moisissure visqueuse qui se répandit sur Létourdi dans plusieurs directions, soit sur son dos, soit sur sa poitrine, à son choix.
La teinture de khaki s'épancha aussi,—c'était vraiment une teinture de bien mauvaise qualité, de sorte qu'il était partiellement peint en brun, avec des plaques violettes, des contours couleur d'ocre, des bandes d'un rouge de rouille, avec des parties presque blanches, suivant la nature et les particularités de la teinture.
Lorsqu'il tira son mouchoir pour essuyer sa figure, la couleur verte de la doublure, et la couleur pourpre qui avait filtré de sa cravate jusque dans son cou, se mêlèrent; le résultat fut étonnant.
Aux environs de Dhar, la pluie cessa. Le soleil de la soirée se montra et le sécha un peu, mais en même temps il fixa les couleurs.
A trois milles de Pathankote le dernier poney se mit à boiter sans remède, et Létourdi fut forcé d'aller à pied. Il poussa jusque dans Pathankote pour y trouver ses domestiques.
Il ne se doutait pas alors que son khitmatgar s'était arrêté au bord de la route pour boire, et reparaîtrait le lendemain en disant qu'il s'était fait une entorse.
Quand il fut entré à Pathankote, il ne put trouver ses domestiques. Il avait ses bottines raidies et couvertes par la boue, et celle-ci s'étalait sur une grande partie de son vêtement.
La cravate bleue avait déteint autant que le khaki.
Aussi l'enleva-t-il avec le col pour les jeter.
Alors il dit quelques mots qui s'appliquaient aux domestiques en général, et tâcha de trouver un endroit où se mettre.