Étant jeune, il garde la mémoire de cet enseignement et, âgé de six mois, il part à travers le monde, en petite bête bien élevée, dont l'appétit est discipliné.

S'il avait été tenu à distance des bottes, du savon et des oreilles des gros chiens, puis parvenu au terme de sa croissance, avec toute sa dentition, s'il se trouvait brusquement en contact avec cette redoutable trinité, jugez s'il serait cruellement malade, et s'il recevrait des rossées.

Appliquez ces principes au système de l'éducation «dans du coton», et voyez ce qui en résulte.

Cela ne sonne pas bien à l'oreille, mais de deux maux c'est le moindre.

Il y avait une fois un petit garçon qui avait été élevé selon le système du «coton»; ce système lui coûta la vie.

Il avait passé toutes ses journées avec sa famille, depuis l'heure de sa naissance jusqu'à celle où il alla à Sandhurst se classer presque en tête de liste. Il avait été admirablement formé par un précepteur particulier dans tous les exercices au moyen desquels on gagne des bons points, et il avait encore le mérite spécial de «n'avoir jamais causé une heure d'inquiétude à sa famille».

Ce qu'il apprit à Sandhurst en dehors de la routine ordinaire ne vaut pas qu'on en parle. Il regarda autour de lui, et trouva, si l'on peut s'exprimer ainsi, très bon goût au savon et au cirage. Il en tâta un peu, et quitta Sandhurst la tête moins haute qu'il n'y était entré. Alors il y eut une pause, et une scène avec sa famille, qui attendait beaucoup de lui. Puis ce fut un an de vie «loin des souillures du monde» dans un bataillon du dépôt de troisième classe, où tous les jeunes étaient des enfants, tous les anciens, de vieilles femmes. Enfin il partit pour l'Inde, où il se vit privé du soutien de ses parents, et n'eut, en temps de difficultés, d'autre personne sur qui il pût compter, que lui-même.

Or l'Inde est, par-dessus tout, le pays où il ne faut pas prendre les choses trop au sérieux, sauf quand il s'agit du soleil de midi.

Un travail exagéré, une énergie trop grande tuent un homme aussi sûrement que les excès du vice ou ceux de la boisson. Quant au flirt, il n'importe guère: tout le monde ne doit-il pas un jour ou l'autre être déplacé; dès lors vous ou elle quitterez la station, et n'y reviendrez jamais.

Le travail bien fait ne tire pas non plus à conséquence, parce qu'on mesure un homme d'après ce qu'il peut faire le plus mal, et que s'il faisait mieux, ce serait en général un autre qui en aurait tout l'avantage. Mal travailler n'importe guère, parce que d'autres font plus mal encore et que l'Inde est plus encombrée d'incapables que tout autre pays.