Ils causent très haut, particulièrement au sujet des camarillas des hommes qui ont un monopole. Ils frappent du poing sur la table, et ils colportent sur eux-mêmes des échantillons de leurs inventions.

Mellish prétendait qu'il existait à Simla un trust de médecins ayant à sa tête le chirurgien en chef, lequel était, selon toute apparence, de connivence avec tous les aides d'hôpitaux de l'empire.

Je ne me rappelle plus au juste comment il le démontrait, mais cela avait l'air «d'une infiltration sournoise dans les montagnes» et ce qu'il fallait à Mellish, c'était le témoignage impartial du vice-roi, «représentant de notre très gracieuse Majesté la Reine, monsieur».

En conséquence, Mellish monta à Simla, avec quatre-vingts livres de sa drogue à fumigations dans sa malle pour parler au vice-roi, et lui démontrer les mérites de l'invention.

Mais il était plus aisé de voir un vice-roi que de l'entretenir, à moins que vous n'eussiez la chance d'être un personnage aussi important que Mellishe, de Madras.

C'était un homme de six mille roupies, si grand, que ses filles ne «se marièrent jamais». Elles «contractèrent des alliances».

Lui-même, il n'était point payé; il recevait des émoluments, et ses voyages dans le pays étaient qualifiés d'«Excursions d'un Observateur».

Son travail consistait à tenir éveillés les gens de Madras, au moyen d'une longue perche, comme on fait aller et venir les tanches dans une mare, et les gens étaient obligés de renoncer à leurs bonnes vieilles habitudes, en se disant d'une voix éteinte:

—C'est cela les Lumières et le Progrès! N'est-ce pas superbe?

Alors ils votaient à Mellishe des statues et des guirlandes de jasmin, avec l'espoir d'être délivrés de lui.