LES TROIS MOUSQUETAIRES

Et quand la guerre commença, nous fîmes la chasse à l'audacieux Afghan et nous mîmes en fuite le Ghazi tout-puissant, oui, mes gaillards. Et nous entrâmes dans Kaboul et nous prîmes le Balar'-Issar et nous leur apprîmes à respecter le soldat anglais.

(Chanson de Chambrée)

Mulvaney, Ortheris et Learoyd sont simples soldats dans la deuxième compagnie d'un régiment de ligne et mes amis personnels.

Je crois, mais je n'en suis pas très sûr, que pris en bloc, ce sont les pires soldats du régiment, en ce sens qu'ils déploient un vrai génie à se montrer ficelles et fortes têtes.

Voici l'histoire qu'ils m'ont contée, l'autre jour, dans la salle de café d'Umballa, pendant que nous attendions un train montant.

C'est moi qui payais la bière; si le récit m'a coûté un gallon et demi, ce fut encore une bonne affaire.

Évidemment, vous connaissez lord Benira Trig.

C'est un duc, un comte, un personnage sans position officielle. C'est aussi un pair; c'est enfin un globe-trotter, et tout compte fait, il ne vaut pas la peine qu'on en parle, comme dit Ortheris.

Il était venu par ici faire un voyage de trois mois afin de réunir des matériaux pour son livre: «Nos Impedimenta orientaux» et s'était cramponné à tout le monde, comme un Cosaque en tenue de soirée.

Son vice particulier,—attendu qu'il est radical,—consistait à mettre sous les armes les garnisons pour les inspecter.