«En avant! Dehors! Là-haut! rugit Mélissa dans l'oreille de la princesse. Pour le salut de la Ruche! Au Vieux Chêne!»

La princesse quitta la planchette d'abordage, accomplit un cercle, s'élança à la plus basse branche du Vieux Chêne, et son petit essaim royal—vous l'eussiez couvert d'une chope—suivit, s'accrocha et resta là, pendu.

«Tenez serré! dit Mélissa haletante. Les vieilles légendes se sont vérifiées. Regardez!»

La Ruche se trouvait à demi cachée par la fumée à travers laquelle on voyait des formes se mouvoir. On entendit le craquement empoissé d'un cadre que l'on vit se hausser et tournoyer entre des mains énormes—une horreur pustuleuse, ventrue, irrémédiable de cire grise, de couvain corrompu et de petites cellules de mâles, le tout couvert de Phénomènes rampants, étrangers au soleil.

«Mais ce n'est pas une ruche! C'est tout un muséum d'histoire naturelle», dit la Voix derrière le Voile.

Ce n'était que le Maître de Ruches parlant à son fils.

«On ne peut leur en vouloir, mon père, dit une seconde voix. Elle est pourrie de Teignes. Voyez!»

Un autre cadre sortit. Un doigt fourgonna dedans, et tout se dispersa en paillettes bruissantes, en pourriture de cendres.

«Le cadre numéro quatre! C'était jadis le rayon chéri de votre mère, chuchota Mélissa à la princesse. Je l'ai vue y pondre quelques bons œufs.

—N'êtes-vous pas en train de confondre le pourquoi et le parce que? dit le Maître de Ruches. La Teigne ne réussit que lorsque des abeilles faibles la laissent entrer.»