«Viens, Bessie! s'écria-t-elle.

—Je n'ose pas. Non, je n'ose pas.

—Viens! (Sa voix n'était plus la même. Je sentis Baxter tressaillir.) «Il n'y a pas de quoi avoir peur.

—Bonté divine! fit Baxter. La voilà qui court en haut. Vite, suivons-la.

—Non, attendons en bas. Elle s'en va dans la chambre.»

Et dans le hall couleur citron, lourd de la senteur des fleurs, où nous attendions, le bruit d'une porte que l'on ouvrait et refermait—celle de la chambre que je savais—parvint jusqu'à nous.

«Je n'y étais jamais rentré depuis la vente, soupira Baxter. Quel lieu de paix et de repos! C'était la pauvre Agnès qui arrangeait les fleurs.

—De paix et de repos?» fis-je.

Mais, je m'arrêtai soudain, car je sentis, en toute mon âme meurtrie, que Baxter disait vrai. C'était une maison claire, spacieuse, aérée, tout imprégnée d'un sentiment de bien-être et de tranquillité—oui, par-dessus tout, de tranquillité. Je m'aventurai dans la salle à manger, où le prévenant M'Leod avait laissé un peu de feu. Il n'y avait là rien de terrible, ni présent, ni embusqué; et, dans le salon, où, pour de bonnes raisons, nous ne nous étions jamais souciés d'entrer, le soleil, le calme et l'odeur des fleurs composaient cette atmosphère propre aux maisons inhabitées. Lorsque je retournai dans le hall, Baxter était doucement endormi sur une chaise longue, sans rien d'un solicitor entre deux âges, auquel une cousine exigeante a fait passer une nuit décousue.

J'eus amplement le temps d'examiner à nouveau toute l'affaire—de me congratuler moi-même de ma merveilleuse perspicacité (à part quelques erreurs, comme celle d'avoir pris Baxter pour un voleur et peut-être un assassin), avant que la porte, au-dessus, se rouvrît, et que Baxter, évidemment léger dormeur, sautât sur pied, tout éveillé.