C'était une grosse femme en robe couleur abricot, le visage fortement poudré, sur lequel ses yeux noirs aux longs cils semblaient des grains de raisin de Corinthe dans de la pâte. Je fus présenté à nombre de belles dames et de beaux messieurs du même acabit. Des landeaux magnifiquement ordonnés et de superbes limousines balayaient de côté et d'autre le chemin carrossable, et les joueurs de tennis faisaient retentir l'air de clameurs joyeuses.
Aux approches du crépuscule, ils s'en allèrent tous, et je restai seul avec Mr. et Mrs. M'Leod, tandis que de grands serviteurs mâles et femelles enlevaient le tennis et les accessoires du thé. Miss M'Leod était allée accompagner de quelques pas sur le chemin carrossable un jeune homme aux cheveux blonds, lequel, apparemment, n'ignorait rien sur les moindres fonds de chemins de fer du Sud-Amérique. Il m'avait dit, pendant le thé, que c'était l'époque où l'on se spécialisait en matière de finances.
«Je crois que tout a merveilleusement marché, ma bonne», dit Mr. M'Leod à sa femme.
Puis, se tournant vers moi:
«Vous vous sentez bien, maintenant, dites-moi? Oui, cela va de soi.»
Mrs. M'Leod traversa, toutes voiles déployées, le gravier. Son époux s'en alla prestement en sautillant devant elle tourner un bouton dans la véranda du sud, et tout Holmescroft se vit inondé de lumière.
«Vous pouvez en faire autant de votre chambre, déclara-t-il, comme ils pénétraient dans la maison. L'argent a du bon, dites-moi?»
Miss M'Leod s'en vint derrière moi dans le demi-jour.
«Nous n'avons pas encore été présentés, dit-elle, mais je suppose que vous restez ce soir?
—Monsieur votre père a été assez bon pour m'en prier,» répliquai-je.