«Dites-leur, oh! dites aux pauvres serfs de ne pas avoir peur de moi. Dites-leur que je viens en redresseur de torts... et non pas, Dieu sait, ajouter à leur fardeau.»

Le glouglou bien aspiré de l'orateur exercé leur plut grandement.

«C'est comme cela que le robinet coule dans le chenil, dit Farag. L'Excellence Notre Gouverneur le reçoit pour qu'il lui donne ainsi la comédie. Fais-lui répéter le discours à pouffer de rire.

—Qu'a-t-il dit à propos de mes titres de propriété?»

L'oncle de Farag n'était point de ceux qui se laissent troubler.

«Il dit, interpréta Farag, qu'il ne désire rien tant que de vous voir vivre en paix sur vos terres. Il parle comme s'il se croyait lui-même Gouverneur.

—Allons. Nous sommes tous ici témoins de ce qu'il a dit. Maintenant, en avant la représentation. (L'oncle de Farag tira sur les plis de ses vêtements.) Avec quelle diversité Allah a fait les créatures! A l'une Il accorde la force d'égorger les Emirs; l'autre, Il l'a fait devenir démente, et puis errer au soleil, tels les enfants affligés de Melik-meid.

—Oui, et lancer de la salive par la bouche, comme l'Inspecteur nous l'a dit. Tout arrivera comme Monsieur l'Inspecteur l'a prédit, déclara Farag. Je n'ai jamais encore vu Monsieur l'Inspecteur perdre la chasse dans une randonnée.

—Je crois (Abdul tira Mr. Groombride par les manches), je crois, moussu, que c'est peut-être le moment de leur débiter votre joli petit discours en langage du pays. Eux ne pas comprendre anglais, mais très beaucoup contents de votre condescendance.

—Condescendance?... (Mr. Groombride tourna sur ses talons). Si seulement ils savaient ce que mon cœur ressent pour eux. Si je pouvais exprimer la dixième partie de mes sentiments! Il faut que je reste ici pour apprendre leur langue. Tenez le parasol droit, Abdul. Je crois, par mon petit discours, leur montrer que je connais quelque chose de leur vie intime[45]